Animal sauvage et de climat froid, le cheval de NIAUX aurait
réagi au réchauffement de température à
la fin du quaternaire en se réfugiant en haute montagne,
puis à la domestication, à partir du néolithique
ou de l'âge du bronze, en évoluant vers le type
de Mérens.
L'isolement quasi total dans lequel le troupeau aurait vécu
pendant plusieurs millénaires expliquerait la remarquable
homogénéité du cheptel actuel. Cinq mois
par an, de mai à octobre, le cheval de Mérens
retrouve sur les pâturages d'estive de l'Ariège,
les conditions de vie de la harde originelle. Sans autre gardien
que l'étalon, sans autre clôture que les sommets
de la frontière Andorrane.
Il se grise d'herbe verte et de liberté. Mais il côtoie
aussi le précipice, le torrent en crue, il subit les
intempéries. Les accidents mortels auxquels sont particulièrement
exposés les poulains de l'année justifient chaque
été le dicton local "Comme le troupeau
mange la montagne, la montagne mange le troupeau".
Du moins, ne peut-on imaginer meilleure initiation ni meilleure
sélection que ce long séjour à 2000 mètres
d'altitude.
Quand il quitte l'estive, chassé par les premières
neiges, le Cheval de Mérens n'a pas seulement acquis
les réserves qui lui permettront de supporter les longs
mois d'hiver qui l'attendent dans les vallées, il possède
aussi l'endurance et la sûreté de pied qui sont
les qualités les plus appréciées de la
race